Comment calculer la base CSG sur un bulletin de salaire ?

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Pour un salarié classique, la base CSG-CRDS se calcule généralement en appliquant un abattement de 1,75 % à la rémunération concernée, soit 98,25 % du salaire brut, puis en ajoutant les éléments soumis à CSG sans bénéficier de cet abattement, comme certaines contributions patronales de complémentaire santé ou de prévoyance. La base affichée sur le bulletin peut donc être légèrement inférieure au salaire brut, mais aussi parfois supérieure.

La formule “salaire brut × 98,25 %” constitue un bon point de départ, mais elle ne suffit pas toujours à retrouver exactement la base CSG du bulletin.

Résumé de l’article :

  • L’abattement habituel est de 1,75 %, soit une assiette ramenée à 98,25 %.
  • En 2026, cet abattement s’applique dans la limite de 192 240 € de rémunération.
  • Certains éléments sont ajoutés à la base sans bénéficier de l’abattement.
  • La base CSG peut être inférieure ou supérieure au salaire brut.
  • Le calcul doit être vérifié à partir des éléments réellement présents sur le bulletin.

Quelle formule utiliser pour calculer la base CSG d’un salaire ?

Dans un cas classique, je pars de cette formule :

Base CSG = rémunération bénéficiant de l’abattement × 98,25 % + éléments soumis à CSG sans abattement

Il ne faut donc pas toujours se contenter de multiplier le salaire brut par 98,25 %. Cette formule simplifiée fonctionne uniquement lorsqu’aucun autre élément du bulletin ne vient augmenter l’assiette.

L’abattement de 1,75 % correspond à une réduction représentative des frais professionnels applicable aux revenus concernés, dans la limite prévue par la réglementation.

Exemple simple avec un salaire de 2 500 €

Prenons un salarié percevant 2 500 € brut et ne présentant aucun élément particulier à ajouter à l’assiette.

Le calcul est :

2 500 × 98,25 % = 2 456,25 €

La base CSG-CRDS sera donc de 2 456,25 €.

L’abattement de 1,75 % ne signifie pas que le salarié reçoit une réduction de salaire : il sert uniquement à diminuer l’assiette sur laquelle la CSG et la CRDS sont calculées.

Voir comment calculer la base CSG-CRDS

Pour visualiser le calcul étape par étape et mieux comprendre comment l’assiette est obtenue à partir du salaire brut, cette vidéo présente simplement le calcul de la base CSG-CRDS : Calcul de la base CSG CRDS.

YouTube video

CSG et CRDS utilisent-elles la même base ?

Pour les revenus salariés ordinaires, la CSG et la CRDS sont calculées sur la même assiette.

Sur cette base, la CSG déductible est généralement calculée au taux de 6,80 %, la CSG non déductible à 2,40 % et la CRDS à 0,50 %.

Au total, cela représente donc 9,70 % de CSG-CRDS appliqués à l’assiette correspondante.

Quels éléments faut-il ajouter ou retirer de la base CSG ?

Pour retrouver la base exacte affichée sur un bulletin de paie, je classe les différents montants en trois catégories :

  • les rémunérations soumises à CSG bénéficiant de l’abattement de 1,75 % ;
  • les sommes soumises à CSG mais sans cet abattement ;
  • les éléments exclus de l’assiette lorsqu’ils remplissent les conditions prévues.

Quels éléments entrent généralement dans les 98,25 % ?

Le salaire brut n’est pas le seul montant à regarder. Les primes, certaines indemnités et les avantages en nature peuvent également entrer dans l’assiette lorsqu’ils constituent une rémunération soumise à CSG-CRDS.

Le bon réflexe n’est donc pas de regarder uniquement la ligne “salaire de base”, mais l’ensemble des éléments de rémunération soumis à CSG sur le mois.

Par exemple, une prime mensuelle intégrée à la rémunération doit généralement être prise en compte avec le reste du salaire avant application de l’abattement.

Pourquoi la mutuelle ou la prévoyance peuvent-elles augmenter la base ?

Certaines contributions payées par l’employeur, notamment en matière de complémentaire santé ou de prévoyance, peuvent être soumises à CSG-CRDS sans bénéficier de l’abattement de 1,75 %.

Dans ce cas, la formule devient souvent :

(rémunération soumise × 98,25 %) + contribution patronale santé ou prévoyance soumise à CSG

C’est l’une des raisons les plus fréquentes pour lesquelles la base CSG affichée sur la fiche de paie ne correspond pas exactement à 98,25 % du brut.

Une contribution patronale peut donc augmenter l’assiette CSG alors qu’elle n’apparaît pas directement dans le salaire brut versé au salarié.

Quels montants ne faut-il pas ajouter automatiquement ?

Les remboursements de véritables frais professionnels peuvent être exclus de l’assiette lorsqu’ils respectent les conditions d’exonération applicables.

Cela peut notamment concerner certains frais de déplacement, de repas ou de télétravail. Il faut toutefois vérifier les conditions propres à chaque remboursement plutôt que considérer automatiquement tous les frais comme exonérés.

Certains avantages liés aux repas obéissent également à leurs propres règles sociales. J’explique notamment leur mise en place dans Modèle de clause ticket restaurant dans le contrat de travail : comment bien la rédiger.

Pourquoi la base CSG peut-elle être supérieure au salaire brut ?

Oui, une base CSG supérieure au salaire brut peut être parfaitement normale.

Cela arrive notamment lorsque certaines contributions patronales soumises à CSG-CRDS sont ajoutées à l’assiette après application de l’abattement de 1,75 % sur la rémunération concernée.

Prenons un exemple simple avec un salaire brut de 3 000 € et 80 € de contribution patronale santé ou prévoyance soumise intégralement à CSG.

Le calcul donne :

3 000 × 98,25 % = 2 947,50 €

2 947,50 + 80 = 3 027,50 €

La base CSG est donc ici de 3 027,50 €, soit un montant supérieur au salaire brut.

Une base CSG supérieure au salaire brut n’est donc pas automatiquement une erreur de paie : elle peut venir de contributions patronales ajoutées intégralement à l’assiette.

Élément du bulletinMontantTraitement dans l’exemple
Salaire brut3 000 €× 98,25 %
Salaire après abattement2 947,50 €Entre dans la base
Santé/prévoyance patronale soumise80 €Ajoutée sans abattement
Base CSG finale3 027,50 €Base utilisée pour CSG-CRDS

La base CSG peut-elle aussi être inférieure au salaire brut ?

Oui. Si aucun élément supplémentaire n’est soumis sans abattement, la base peut simplement correspondre à 98,25 % du brut.

Avec 3 000 € de salaire brut :

3 000 × 98,25 % = 2 947,50 €

Une base inférieure au brut correspond donc souvent à l’effet normal de l’abattement de 1,75 %. À l’inverse, si elle est supérieure, je recherche d’abord les contributions patronales ou autres éléments ajoutés intégralement à l’assiette.

Comment vérifier la base CSG directement sur son bulletin de paie ?

Pour contrôler le calcul, je procède dans cet ordre :

  1. relever le brut et les éléments de rémunération soumis à CSG ;
  2. identifier ceux qui bénéficient de l’abattement de 1,75 % ;
  3. multiplier cette partie par 98,25 % ;
  4. ajouter les éléments soumis à CSG sans abattement ;
  5. comparer le résultat avec la base indiquée sur les lignes CSG-CRDS du bulletin.

Si quelques dizaines d’euros séparent le brut de la base CSG, je vérifie d’abord la part patronale de mutuelle et de prévoyance avant de conclure à une erreur.

Attention au plafond de l’abattement en 2026

En 2026, le plafond annuel de la Sécurité sociale est fixé à 48 060 €.

L’abattement de 1,75 % est applicable dans la limite de quatre fois ce plafond, soit :

48 060 × 4 = 192 240 € par an

Au-delà de cette limite, la fraction de rémunération concernée ne bénéficie plus de la réduction de 1,75 %.

En 2026, les 98,25 % ne doivent donc pas être appliqués sans limite à toute la rémunération d’un salarié très fortement rémunéré.

Il vaut mieux raisonner sur la limite annuelle prévue par les textes plutôt que d’appliquer automatiquement un simple plafond mensuel.

Attention aux situations particulières

Le calcul peut être différent pour certains revenus ou statuts, notamment les apprentis, les indemnités de rupture, les revenus de remplacement, l’intéressement ou la participation.

Les règles applicables aux apprentis ont notamment évolué pour les contrats conclus depuis le 1er mars 2025. Il faut donc éviter de reprendre une ancienne formule générale sans vérifier la date du contrat et les règles applicables.

Que faire si le calcul ne correspond pas ?

Avant de signaler une erreur, je vérifie le brut soumis, les contributions patronales de mutuelle ou de prévoyance, les avantages en nature et les éventuels éléments exceptionnels du mois.

Si l’écart reste inexpliqué, le plus simple est de demander au gestionnaire de paie le détail de l’assiette CSG-CRDS utilisée pour le bulletin concerné.

💡 Conseil de pro : si vous ne retrouvez pas votre base CSG, ne partez pas du net à payer. Repartez du brut soumis, appliquez 98,25 %, puis cherchez sur le bulletin les contributions patronales qui peuvent être ajoutées sans abattement.

Pour calculer la base CSG d’un bulletin classique, je pars donc de 98,25 % de la rémunération bénéficiant de l’abattement, puis j’ajoute les éléments soumis à CSG sans réduction. C’est cette deuxième étape qui explique la plupart des écarts entre salaire brut et base CSG. En cas de différence persistante, le détail de l’assiette permet de vérifier précisément chaque élément.

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